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THE NIGHT DIARIES #4 : WINTER WINDS

 

L'hiver est arrivé quand on ne l'attendait plus, quand on s'était habitués à la douce et étrange tiédeur de cet automne de fête et de rires, il est arrivé d'un coup, piquant, sans concession. On a quand même continué à chanter dans les rues, à danser comme des sauvages sur de la musique de sauvages, à trop picoler et parler trop fort devant les bars, on a continué à s'aimer fort, se faire des blagues nulles, faire des soirées à trop dans des apparts trop petits, à faire chier nos voisins. On a continué pour essayer d'oublier nos peines et pour nous rappeler notre bonheur d'être les détenteurs d'une liberté que personne ne nous enlèverait jamais et dont on profiterait jusqu'à en crever.







  





























Pierrot & Colombine



Les enfants qui s'aiment s'embrassent debout
Contre les portes de la nuit
Et les passants qui passent les désignent du doigt
Mais les enfants qui s'aiment
Ne sont là pour personne
Et c'est seulement leur ombre
Qui tremble dans la nuit
Excitant la rage des passants
Leur rage, leur mépris, leurs rires et leur envie
Les enfants qui s'aiment ne sont là pour personne
Ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit
Bien plus haut que le jour
Dans l'éblouissante clarté de leur premier amour
Jacques Prévert



 
 

 


 


Modèles : Caroline & Ugo




Night & Day

Ces images où se mêlent le jour et la nuit datent d'il y a quelques semaines, et petit à petit les souvenirs qui s'y rattachant se font lointains, juste un enchevêtrements de plans en clair-obscur qui se superposent, des nuits chaudes, veloutées, comme au début de l'été, et des jours où la brume de la pollution recouvrait les contrastes naissants sous le soleil de Paris. Je sens l'été approcher avec cette appréhension délicieuse, cette idée libératrice que tout se joue maintenant, et que dans quelques mois, je pourrai reprendre le cours d'une vie paisible où se succèdent les aventures, les rechutes, les plaisirs.

I took those pictures of night and day several weeks ago, and I slowly forget every memory they're linked with. In this semi-darkness, hot and mellow summer nights melt with daylight covered in the mist of pollution that covered Paris' new lights and contrasts. It's nearly summer now, and I long for it with this delicious apprehension, and liberating thoughts about everything being decided right now. In a few months I'll be back to a normal quiet life of adventures, relapses and pleasures.