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THE NIGHT DIARIES #4 : WINTER WINDS

 

L'hiver est arrivé quand on ne l'attendait plus, quand on s'était habitués à la douce et étrange tiédeur de cet automne de fête et de rires, il est arrivé d'un coup, piquant, sans concession. On a quand même continué à chanter dans les rues, à danser comme des sauvages sur de la musique de sauvages, à trop picoler et parler trop fort devant les bars, on a continué à s'aimer fort, se faire des blagues nulles, faire des soirées à trop dans des apparts trop petits, à faire chier nos voisins. On a continué pour essayer d'oublier nos peines et pour nous rappeler notre bonheur d'être les détenteurs d'une liberté que personne ne nous enlèverait jamais et dont on profiterait jusqu'à en crever.







  





























Pierrot & Colombine



Les enfants qui s'aiment s'embrassent debout
Contre les portes de la nuit
Et les passants qui passent les désignent du doigt
Mais les enfants qui s'aiment
Ne sont là pour personne
Et c'est seulement leur ombre
Qui tremble dans la nuit
Excitant la rage des passants
Leur rage, leur mépris, leurs rires et leur envie
Les enfants qui s'aiment ne sont là pour personne
Ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit
Bien plus haut que le jour
Dans l'éblouissante clarté de leur premier amour
Jacques Prévert



 
 

 


 


Modèles : Caroline & Ugo




NIGHT DIARIES #2 : PARTY

Les jours et les nuits se succèdent dans un grand fracas de musique et de rires, se confondent les uns les autres; les mélodies, les voix, les flash de lumière tissent dans ma tête un grand réseau de souvenirs que je ne peux qu'oublier, à moins de les garder quelque part dans cette petite boîte noire qui m'accompagne désormais partout. Je ne sais pas pourquoi je veux tellement conserver ces traces un peu naïves, dérisoires ; peut être est-ce pour la beauté de ces instants où je pourrais presque ne plus penser à rien, m'échapper complètement; peut être pour garder en mémoire à quel point la vie est pleine trésors muets, insignifiants. Ou peut être tout simplement parce que tout ce que je vois sur ces clichés où je ne suis presque jamais, c'est bien mon visage illuminé, mon bonheur d'être là, d'être entourée, d'être en vie.

Days and nights succeed one another and merge into a great din of music and laughters; melodies, voices and flashes of light become a huge canvas of memories that I can only forget, unless I keep them somewhere in the little black room I take everywhere with me. I don't know why I need to preserve them so bad; is it for the beauty of these moments when I could almost stop thinking and let everything go ? Is it to keep in mind how beautiful and full of treasures life can sometimes be? Or is it just because all I truly see on these images even though I'm not in them, is my own face, illuminated by happiness of being there, with these people, of being alive?